Joffrine Donnadieu, Prix de Flore 2022 pour « Chienne et louve »

La romancière est récompensée pour son deuxième livre, publié chez Gallimard, au terme d’une délibération serrée au Café de Flore.

Le Prix de Flore 2022 a distingué Joffrine Donnadieu pour Chienne et louve, roman paru aux éditions Gallimard. Une reconnaissance pour une jeune autrice dont l’écriture, charnelle et tendue, a conquis le jury.

Le livre suit une héroïne en quête d’émancipation, entre Lorraine et Paris, dans un récit d’apprentissage qui ne s’épargne aucune zone d’ombre. La justesse du regard et la force du style ont fait la différence.

« Une voix qui ne triche pas, et qui impose d’emblée son territoire. »

Avec ce choix, le prix confirme son attachement aux trajectoires singulières et aux écritures qui prennent des risques. La lauréate rejoint un palmarès ouvert aux découvertes.

Un vote serré, deux livres majeurs

La délibération fut tendue : il a fallu trois tours de scrutin pour départager les candidats. Joffrine Donnadieu l’a finalement emporté par huit voix contre quatre face à Emma Becker et son roman L’Inconduite (Albin Michel). Philippe Vandel, membre du jury, a lui-même évoqué un « vote dilemmatique » entre « deux livres majeurs ».

La dernière sélection comprenait également Clovis Goux pour Les Poupées (Stock), Anthony Passeron avec Les Enfants endormis (Globe), et Basile Panurgias pour Le Doute (Robert Laffont).

Une autrice aux racines lorraines

Née en 1990, Joffrine Donnadieu quitte Toul à l’âge de 17 ans pour rejoindre Paris et suivre une formation au Cours Florent. Elle se spécialise ensuite dans la direction de structures éducatives et travaille dès 2011 auprès de publics fragiles, notamment en milieu psychiatrique.

Son nom est un pseudonyme en référence à Marguerite Duras, dont c’est le nom de naissance. Un clin d’œil littéraire qui dit beaucoup de l’ambition et de la sensibilité de cette écrivaine.

En 2019, elle s’était déjà fait remarquer avec Une histoire de France, également publié chez Gallimard. Ce premier roman, salué par la critique, abordait le sujet de la pédophilie féminine avec une puissance rare.

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